Menu

Menace de Mort : Que Dit le Code Pénal ?
Accueil / Blog / Menace de Mort : Que Dit le Code Pénal ?
Blog

Menace de Mort : Que Dit le Code Pénal ?

Lucas 4 mai 2026 10 min de lecture

Vous êtes victime de menaces ? Vous vous demandez si ce que vous subissez est un délit et ce que prévoit la loi ? Savoir comment réagir et quelles sont les sanctions prévues par le Code pénal est la première étape pour vous protéger.

Cet article vous explique clairement ce que la loi considère comme une menace de mort, comment rassembler des preuves et quelles démarches suivre pour porter plainte. Vous y trouverez les peines précises pour chaque situation.

Tableau Récapitulatif des Sanctions pour Menace de Mort

Pour comprendre rapidement ce que dit le Code pénal, voici un résumé des peines et sanctions en fonction de la gravité des faits. Ces informations proviennent directement des articles 222-17 et 222-18.

Type de Menace (selon le Code pénal) Peine d’emprisonnement maximale Amende maximale
Menace de commettre un crime ou un délit contre les personnes, réitérée ou matérialisée (par écrit, image…) 6 mois d’emprisonnement 7 500 €
Menace de mort, réitérée ou matérialisée par un écrit, une image ou tout autre objet. 3 ans d’emprisonnement 45 000 €
Menace de mort ou de délit avec ordre de remplir une condition (« si tu ne fais pas ça, je te tue »). 5 ans d’emprisonnement 75 000 €
Menace avec ordre, commise en raison de l’orientation sexuelle de la victime ou par le conjoint/ex-conjoint (circonstance aggravante). 7 ans d’emprisonnement 100 000 €

Qu’est-ce qui Constitue une Menace de Mort au Sens de la Loi ?

Une menace de mort n’est pas juste une parole en l’air pour la justice. Pour qu’elle soit reconnue comme une infraction pénale, la menace doit remplir certaines conditions précises. Le Code pénal distingue plusieurs cas, principalement décrits dans l’article 222-17 du Code pénal et l’article 222-18 du Code pénal.

Trois éléments sont généralement nécessaires pour que le délit soit constitué :

  • Un message clair : La menace de commettre un crime ou un délit doit être explicite. Cela peut être des paroles (« je vais te tuer »), un écrit (SMS, lettre), un geste (mimer un égorgement) ou une image.
  • Une victime visée : La menace doit être dirigée vers une ou plusieurs personnes déterminées. Une plainte est plus difficile à faire aboutir si la menace est vague et ne vise personne en particulier.
  • L’intention de faire peur : L’auteur doit avoir conscience que ses propos ou ses actes peuvent effrayer la victime. Même si l’intention de passer à l’acte n’est pas réelle, le simple fait de vouloir intimider suffit.

La menace peut être « simple », mais la loi la considère plus grave si elle est réitérée (répétée) ou matérialisée (par un écrit, une image, etc.). Une menace de mort accompagnée d’un ordre de faire ou de ne pas faire quelque chose est encore plus sévèrement punie, car elle s’apparente à du chantage.

Comment Prouver une Menace de Mort ?

Si vous êtes victime, la partie la plus importante pour que votre plainte aboutisse est de rassembler des preuves tangibles. En France, le principe est celui de la liberté de la preuve en matière pénale (article 427). Cela signifie que tous les moyens sont bons pour démontrer la réalité de l’infraction.

Ne négligez aucune piste. Chaque élément, même s’il vous semble mineur, peut aider à construire votre dossier et convaincre les enquêteurs et le juge. Pensez à conserver et à organiser tout ce que vous pouvez.

💡 Conseil pratique : Ne supprimez rien. Même si les messages sont choquants, conservez les originaux et faites des copies (captures d’écran, enregistrements). C’est votre principal atout pour la procédure.

Voici les types de preuves les plus courants et efficaces :

  • Preuves écrites et numériques : Ce sont les plus faciles à utiliser. Gardez tous les SMS, e-mails, messages privés sur les réseaux sociaux (Messenger, WhatsApp, Instagram…), lettres ou commentaires publics.
  • Captures d’écran : Faites des captures d’écran de tous les messages, en veillant à ce que le nom de l’expéditeur et la date soient bien visibles. Pour une preuve plus forte, vous pouvez faire constater ces messages par un commissaire de justice (anciennement huissier).
  • Preuves audio et vidéo : Enregistrez les messages vocaux laissés sur votre répondeur. Si la loi est stricte sur l’enregistrement de conversations privées à l’insu des personnes, un enregistrement peut être accepté par le juge s’il est le seul moyen de prouver une infraction.
  • Témoignages : Si des personnes ont assisté à une scène de menace verbale, leur témoignage est précieux. Demandez-leur leurs coordonnées et s’ils accepteraient de rédiger une attestation écrite (formulaire Cerfa n°11527*03).
  • Certificat médical : Une menace de mort peut provoquer un choc psychologique important (anxiété, stress, insomnies). Consultez votre médecin pour qu’il atteste de votre état. Ce document prouve l’impact de la menace sur votre santé.

Que Faire et Comment Porter Plainte ?

Face à une menace, il ne faut pas rester seul. La première chose à faire est de vous mettre en sécurité et d’agir pour que l’auteur soit sanctionné. La procédure est simple et conçue pour protéger les victimes.

Voici les étapes à suivre :

  1. En cas d’urgence : Si vous vous sentez en danger immédiat, le premier réflexe est de composer le 17 (Police Secours) ou le 112. Les forces de l’ordre peuvent intervenir rapidement pour vous protéger.
  2. Déposer plainte : Rendez-vous dans le commissariat de police ou la brigade de gendarmerie de votre choix. Vous n’êtes pas obligé d’aller à celui de votre domicile. Un agent prendra votre déposition. Apportez toutes les preuves que vous avez rassemblées.
  3. Plainte auprès du Procureur : Si vous ne souhaitez pas vous déplacer, vous pouvez également porter plainte en envoyant une lettre recommandée au Procureur de la République du tribunal judiciaire du lieu de l’infraction ou du domicile de l’auteur.
  4. Déroulement de l’enquête : Une fois la plainte déposée, une enquête est ouverte. Vous et l’auteur présumé serez probablement entendus. Les enquêteurs analyseront les preuves et les témoignages.
  5. Suites de la plainte : À la fin de l’enquête, le procureur décide de la suite à donner. Il peut classer l’affaire sans suite (s’il n’y a pas assez de preuves), proposer une alternative aux poursuites (médiation pénale) ou poursuivre l’auteur devant le tribunal correctionnel.

Le Rôle Clé de l’Avocat en cas de Menace de Mort

Même si ce n’est pas obligatoire pour porter plainte, l’aide d’un avocat est fortement conseillée. Un avocat spécialisé en droit pénal connaît la procédure et sait comment défendre au mieux vos intérêts. Son rôle est de s’assurer que votre dossier soit le plus solide possible.

L’avocat peut vous aider à plusieurs niveaux :

  • Qualifier les faits : Il analyse votre situation pour déterminer si les faits constituent bien une infraction de menace de mort et s’il y a des circonstances aggravantes.
  • Rédiger la plainte : Il vous aide à rédiger une plainte claire et détaillée, en y joignant les bonnes preuves, ce qui augmente vos chances que le dossier soit pris au sérieux.
  • Se constituer partie civile : L’avocat peut effectuer pour vous la constitution de partie civile. Cette démarche vous permet de devenir acteur dans le procès pénal et de demander des dommages et intérêts pour réparer le préjudice que vous avez subi.
  • Vous assister durant la procédure : Il vous accompagne à chaque étape, des auditions à l’audience devant le tribunal, pour défendre vos droits et s’assurer que justice soit faite.

Quelle est la peine pour une menace de mort verbale ?

Une menace de mort verbale, si elle est répétée, est considérée comme une menace réitérée. Elle est punissable de 3 ans de prison et 45 000 € d’amende. Si elle n’est pas répétée et qu’il n’y a pas d’écrit, la preuve par témoignage devient essentielle.

Peut-on porter plainte sans preuve ?

Oui, vous pouvez toujours porter plainte même sans preuve matérielle. Votre parole de victime est prise en compte. Cependant, sans élément pour l’appuyer (témoin, certificat médical…), il sera plus difficile pour le procureur d’engager des poursuites. C’est pourquoi il est crucial de chercher le moindre indice.

Quel est le délai de prescription pour une menace de mort ?

La menace de mort est un délit. Le délai de prescription pour porter plainte est de 6 ans à compter du jour où la menace a été proférée. Passé ce délai, l’auteur ne peut plus être poursuivi en justice pour ces faits.

Lucas

Lucas

Expert juridique passionné, je vous accompagne dans vos démarches et vous aide à trouver les meilleures solutions pour résoudre vos problèmes juridiques avec rapidité et efficacité.

Articles similaires

f